Méthode

Lâcher prise ? D’accord. Mais lâcher quoi, exactement ?

On conseille souvent de lâcher prise. Mais si une part de nous reste en vigilance, ce n’est pas par hasard. Avant de vouloir relâcher, il faut comprendre ce que ce comportement protège, ce qu’il soulage, et pourquoi il finit parfois par coûter trop cher.

On conseille souvent de lâcher prise.

Quand quelqu’un contrôle trop.

Quand il porte trop.

Quand il anticipe tout.

Quand il n’arrive pas à déléguer.

Quand il garde un sujet trop longtemps.

Quand il ne sait pas arrêter de penser à ce qui pourrait mal tourner.

Très bien.

Mais lâcher quoi, exactement ?

Lâcher le contrôle ?

Lâcher l’exigence ?

Lâcher la peur de décevoir ?

Lâcher la responsabilité ?

Lâcher le besoin que les choses soient bien faites ?

Lâcher l’idée qu’en tenant encore un peu, on évitera peut-être un problème ?

Le mot est séduisant.

Mais il donne rarement le mode d’emploi.

Parce qu’on ne reste pas en vigilance sans raison.

Quand une part de nous refuse de relâcher, c’est souvent qu’elle cherche à protéger quelque chose.

Un cadre.

Une relation.

Une image de fiabilité.

Une sécurité intérieure.

Une qualité de travail.

Une place dans l’équipe.

Une confiance reçue.

Une peur de ne pas être à la hauteur.

Alors le comportement se met en place.

Je vérifie.

Je reprends.

Je contrôle.

Je retarde.

Je porte.

Je compense.

Je me tais.

J’accélère.

Je fais à la place des autres.

Vu de l’extérieur, cela peut ressembler à un défaut.

Mais de l’intérieur, ce comportement produit souvent un soulagement immédiat.

La tension baisse.

Je me sens un peu plus en sécurité.

J’ai l’impression de reprendre la main.

Je calme quelque chose en moi.

C’est pour cela qu’il est si difficile de “lâcher”.

Le comportement refuge n’est pas absurde.

Il fonctionne.

Au moins quelques minutes.

Au moins quelques heures.

Parfois même pendant des années.

Le problème, c’est qu’il finit par coûter cher.

Ce qui me rassure finit par m’épuiser.

Ce qui protège finit par enfermer.

Ce qui évite une peur finit par éloigner de l’élan.

1 Ce que je cherche à protéger protéger
2 Tension réagir
3 Comportement refuge tenir
4 Soulagement immédiat apaiser
5 Coût / épuisement s’épuiser

Dans l’Élan Naturel, on ne commence donc pas par dire : “lâche prise”.

On commence par regarder la mécanique.

Qu’est-ce qui me fait peur dans cette situation ?

Quelle tension cela crée en moi ?

Quelle pulsion apparaît pour rééquilibrer cette tension ?

Quel comportement refuge se met en place ?

Qu’est-ce qu’il protège ?

Qu’est-ce qu’il coûte ?

Et quel autre appui pourrait permettre de ne plus avoir besoin de tenir de cette manière ?

Lâcher prise ne commence pas par lâcher.

Il commence par comprendre pourquoi je tiens.

Parce que si je lâche sans comprendre, je me mets en insécurité.

Et très vite, je reprends.

Je contrôle à nouveau.

Je compense à nouveau.

Je porte à nouveau.

Je m’enferme à nouveau dans la stratégie que je voulais quitter.

Le vrai travail n’est donc pas de supprimer le comportement de force.

Il est de rendre lisible ce qu’il protège.

Puis de laisser apparaître un autre chemin.

Un chemin qui permet d’apaiser la peur d’une manière nouvelle.

Alors l’ancien comportement n’a plus la même utilité.

Il peut commencer à se desserrer, puis disparaître peu à peu.

Un comportement refuge n’est pas une fatalité.

C’est souvent une protection devenue trop coûteuse.

Et quand on comprend ce qu’elle protège, il devient possible de la desserrer.

Première étape

Clarifier ce que votre situation cherche à protéger

Si une situation se répète ou devient coûteuse, le premier échange sert à rendre le mécanisme plus lisible, sans forcer une conclusion trop rapide.

Clarifier ma situation