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Nos facilités sont notre génie

Notre génie réside dans nos facilités

Avez vous déjà entendu parler de Céline Alvarez ? Pendant 3 ans, dans une classe de maternelle, elle a expérimenté une pédagogie basée sur la bienveillance et l’autonomie. Les résultats sont impressionnants, elle en a d’ailleurs écrit un livre « Les lois naturelles de l’enfant » dont on peut en apprécier un résumé dans la vidéo de sa conférence TEDx.

Ce que je retiens de son expérience, c’est qu’au bout des 3 ans, tous les enfants ont acquis les minimums requis dans tous les domaines pour passer au CP, mais surtout, ils ont pris plusieurs années d’avance dans leurs sujets de prédilection !!! Plusieurs années !!! Ils ont tous appris à lire à 5 ans, uniquement parce qu’ils en avaient envie ! Certains lisent en donnant vie aux personnages à la façon d’acteur, d’autres font des opérations à 4 chiffres… Bref, si cela vous intéresse je vous renvoie vers son site et les nombreuses vidéos qui en parlent.

Ce que je comprends dans cette expérience, c’est que les enfants investissent spontanément du temps et de l’énergie quand ils sont libres d’aller vers ce qu’ils aiment. Sans efforts, ils obtiennent des résultats remarquables. Le plaisir est ici un moteur puissant qui suscite concentration, énergie et capacité d’apprentissage décuplée. Ce plaisir se nourrit des résultats tangibles obtenus au fur et à mesure. Ce plaisir rend l’action et l’apprentissage faciles!

Et vous ? N’en n’est-il pas de même pour vous ? Lorsque vous avez envie de cuisiner une recette nouvelle pour des amis, n’allez vous pas vous former dans des livres ou sur internet pour ensuite la réaliser ?  Quand une amie est dans une impasse, ne cherchez-vous pas à la comprendre pour l’accompagner au mieux ?… Chacun est naturellement attiré par tel ou tel sujet ou telle ou telle dynamique d’action. Finalement l’expérience de Céline Alvarez  parle aussi de nous ! Mais avons-nous les mêmes résultats que ces enfants ? Déployons-nous notre génie comme ils en sont capables ?…

Alors que se passe-t-il ? Pourquoi n’avons nous pas les mêmes facilités et le même plaisir que ces enfants dans nos activités respectives ?

A cela je vois deux raisons principales, l’une, que je ne développerai pas ici, tient au cadre qui nous est proposé dans nos lieux de travail.

L’autre, c’est que beaucoup d’entre nous ne connaissons pas nos domaines de prédilection et nos dynamiques d’action favorites. L’école qui nous a formé a principalement valorisé les efforts que nous devions faire et que nous avons faits. Quand notre élan nous amenait à aimer une matière, naturellement nos résultats y étaient bons, c’est alors qu’on nous demandait de nous focaliser sur une autre matière qui nous demandait plus d’efforts… c’est comme si on nous avait dit : « tu écris déjà bien de la main droite, entraîne toi de la main gauche ! » résultat… nous avons développé, à coup d’effort et d’abnégation, des compétences et des savoirs qui ne nous épanouissent pas. De plus, comme nous avons souffert pour y arriver, nous y sommes attachés et hésitons à les remettre en question… Résultat… Peu d’entre nous ont conscience de leur génie…

Notre génie se révèle donc dans nos facilités ! Heureusement, il est encore possible de l’activer, de l’entraîner et de le mettre au cœur de notre activité. Pour commencer, il suffit de s’observer. Qu’est ce que je fais naturellement facilement ? Souvent nous ne nous en apercevons pas puisque c’est facile et que cela ne nous a pas demandé d’efforts. Alors nous imaginons que tout le monde sait le faire. Et bien non ! Ce que nous faisons facilement, notre voisin, lui, pourra y éprouver les pires difficultés pour le faire.

Un petit exercice qui va dans le bon sens : Prenons 5 minutes tous les soirs pour repérer 3 actions de notre journée qui nous ont été faciles et évidentes. Et à la façon d’un puzzle, jour après jour, nous apporterons de nouvelles pièces et, petit à petit dessinerons les contours de notre génie !